Vendredi 18 décembre 2009
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10:34
Voilà, vous avez lu tous ces conseils, et avez commencé à les mettre en application comme je le fais moi-même en même temps que je publie ces articles. Et alors, ça arrive quand ?
J'ai eu une semaine difficile. Sans dormir. On m'a fait récupérer à l'infirmerie. J'ai pu y dormir dix-sept heures d'affilée ! Voilà le compte-rendu du voyage :
J'enfile un lycra moulant qui me donne des faux airs de super-héros gay, je regarde ma montre une dernière fois en effectuant un dernier test de réalité. Je positionne mon coussin, éteins la
lumière. Me voilà dans les conditions optimales pour une onironavigation ! Et je m'endors.
La nuit est agité, les rêves sont multiples et s'enchaînent, entrecoupés de réveils. Enfin, ça arrive.
Un labyrinthe de ruines. Une course-poursuite. Une personne qui me guide, encapuchonnée. Et soudain, j'effectue un test de réalité dans le rêve. Enfin pas exactement. Je me pose une question :
"Pourquoi je suis en train de courir bordel ?"
Et un doute s'insinue dans mon esprit. Mon conscient s'insinue dans la brêche. "Suis-je en train de rêver ?" Le monde vacille. J'observe la personne qui me guide, les gens qui s'enfuient de
toutes parts. J'insiste : "Suis-je en train de rêver ? Pourquoi suis-je ici, j'y suis arrivé comment ?" Je sens quelque chose qui bloque, je vois le personnage que j'ai suivi qui hésite.
J'observe les textures, les formes. "Suis-je en train de rêver ?" Je me saisis de cette question et la fait tourner en boucle dans ma tête alors que tout deviens de plus en plus net. Et j'accède
à la lucidité.
Immédiatement, le rêve réagit et me fait voler. On dirait un vieux réflexe que la lucidité aurait induit. Après un effort de concentration, je réussis à reposer les pieds à terre. Je n'aime pas
voler en rêve. Je m'y suis efforcé plus jeune mais j'ai rapidement compris qu'il s'agissait non seulement d'une perte de temps, mais aussi et surtout d'une erreur stratégique : gérer le vol
occupe une partie des ressources mentales et par conséquent, la manoeuvrabilité et la rapidité de déplacement ne sont pas toujours optimales. En l'air vous pouvez rapidement devenir vulnérable si
le rêve se modifie sans prévenir. Gardez donc toute votre concentration sous le pied pour prévenir toute mauvaise surprise.
J'observe mon guide. Plus de capuche. Son visage prend de multiples formes et finalement, c'est Barack Obama qui m'accueille dans mon premier rêve lucide depuis cinq ans. Il fallait au moins ça.
Remarquez bien à quel point l'accès à la lucidité a provoqué un chaos sans nom dans l'univers onirique en l'espace de quelques secondes...
J'analyse mon nouvel état. "Je suis lucide" suis-je en train de me répéter alors que je réalise à quel point c'est susceptible de m'échapper rapidement.
Je suis stable dans le rêve. Parfaitement stable. Je sens que le rêve est installé et qu'il m'enveloppe complètement. Je ne risque pas de me réveiller dessuite et j'ai un peu de marge.
Je suis surpris en revanche. Je regarde les gens, le décor, et je sens que mon emprise est plus que limitée sur tout ça. Ca n'a rien à voir avec les rêves lucides dont je me souviens. Je sens le
rêve palpiter et vivre sous mon regard. Et même si il a réagi un peu violemment à l'arrivée de ma conscience, j'ai l'impression qu'il en est encore vierge.
"Ou suis-je ?"
Pas de réponse. Seulement le sourire figé d'un Obama vide. Je commence à comprendre le mécanisme... je suis en train de brusquer le rêve, la question est sans doute trop vague et désarçonnante.
"Que représente le labyrinthe ?"
Un fuyard à tête de chat qui passe par là me répond tandis qu'Obama disparait :
"Les méandres de ton esprit."
Je me dis aussitôt que j'aurais pu répondre moi-même à cette question, surtout pour une réponse de cet acabit, mais je m'en contente car ça me parait pas trop mal pour une première fois.
Je me retourne, observe les ruines... et je perds ma lucidité, trop absorbé par le rêve et sans doute trop oublieux de mes propres préoccupations.
Ce fut donc un DILD cette nuit. Court. Très court. Mais diablement encourageant. Car désormais, je sais que je suis capable de le refaire.
Avec du recul je me dis que, tout de même, j'aurais pu faire l'effort de parler en anglais à Obama.